Revue de presse Octobre 2025

Liaisons sociales 8 octobre

Aide sociale aux personnes âgées ou handicapées : 19,1 milliards de dépenses en 2023

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié le 1er septembre une étude sur « l’aide sociale aux personnes âgées ou handicapées ». En 2023, les départements ont attribué 2,13 millions de prestations aux personnes âgées ou  handicapées, avec des dépenses brutes atteignant 19,1 milliards d’euros, soit une hausse de 5,8 % par rapport à 2022. En 2023, 1,50 million de prestations d’aide sociale départementale aux personnes âgées (dont 834 100 aides à domicile et 666 000 aides à l’accueil) ont été accordées en France métropolitaine et dans les DROM, hors Mayotte pour atteindre 8,9 milliards d’euros en 2023, soit une hausse de 5,4 %. Parmi ces dépenses, l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) occupe le premier poste avec 7,1 milliards d’euros de dépenses  pour 1,36 million de personnes de 60 ans et plus bénéficiaires à fin 2023. Quant aux prestations d’aide sociale aux personnes handicapées, près de 633 000 ont été accordées (472 000 aides à domicile et 161 000 aides à l’accueil) pour une dépense annuelle de 9,3 milliards d’euros, soit une hausse de 4 %. Ce dynamisme s’explique par l’accroissement du nombre de bénéficiaires de la prestation de compensation du handicap (PCH) mais aussi par la revalorisation des tarifs des services d’aide et d’accompagnement à domicile, la montée en charge de la PCH parentalité ainsi que la prise en compte des revalorisations salariales dans les services d’aide à domicile. Le niveau de vie des personnes handicapées est en moyenne plus faible que celui des personnes non handicapées tandis que le taux de pauvreté des seniors en restriction d’activité est plus important que celui des plus de 60 ans (15 % contre 11 %) en 2022.

Liaisons sociales 15 octobre

Fin 2020, plus de 828 000 personnes percevaient une pension d’invalidité de droit direct

Au 31 décembre 2020, 828 400 individus (dont 54 % de femmes) perçoivent une pension d’invalidité de droit direct en France », selon des données de la Drees, issues du volet invalidité de l’échantillon inter-régimes de retraités (EIR) 2020, et publiées dans un communiqué de presse du 8 octobre. Tous régimes confondus, « l’âge moyen des personnes invalides est de 53 ans », précise-t-elle encore. « Au total, les personnes invalides passeront en moyenne 15 ans en invalidité avant d’atteindre l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite (AOD), âge auquel ils verront leur pension d’invalidité remplacée automatiquement par une pension de retraite à taux plein pour inaptitude », ajoute la Drees. Fin 2020 toujours, le montant d’une pension d’invalidité était de 780 € par mois en moyenne. 
Autre enseignement : « les pensions perçues par les femmes sont globalement inférieures à celles des hommes (de 15 % en moyenne par mois), ce qui reflète au moins en partie, là aussi, des écarts de salaire avant le passage en invalidité », un écart « bien plus marqué dans le privé […] que dans la fonction publique hors militaires […]». Par ailleurs, « 8 % des personnes invalides (environ 63 700 bénéficiaires) perçoivent également l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) ». Enfin, 24 % des bénéficiaires d’une pension d’invalidité ne déclaraient en 2020 « aucun diplôme, contre 15 % dans la population générale », et 16 % étaient titulaires du baccalauréat, « contre 21 % dans la population générale ».

Liaisons sociales 23 octobre

L’OIT plaide pour un usage inclusif de l’IA dans le recrutement et l’emploi des personnes handicapées

Concevoir des systèmes d’intelligence artificielle (IA) accessibles et exempts de biais discriminatoires, garantir leur supervision humaine, former les professionnels des ressources humaines à un usage responsable, renforcer les législations pour prévenir les dérives. Telles sont les principales préconisations formulées par l’Organisation internationale du travail (OIT) pour limiter les effets ambivalents de l’IA dans le recrutement et l’emploi des personnes en situation de handicap, dans une actualité publiée le 6 octobre.

Si l’essor de l’intelligence artificielle (IA) dans le monde professionnel ouvre de nouvelles perspectives pour l’emploi des personnes handicapées, il tend aussi à accentuer les risques d’exclusion. Outils de présélection automatisée, analyse vidéo des entretiens, traitement algorithmique des candidatures : autant de dispositifs qui peuvent, s’ils ne sont pas correctement conçus ou encadrés, reproduire voire renforcer des biais existants.

Pour encourager une utilisation responsable et inclusive de l’IA dans les processus de recrutement et de gestion des ressources humaines, l’OIT formule, dans un article paru le 6 octobre 2025, quatre séries de recommandations à l’attention des employeurs et des pouvoirs publics.

Concevoir une IA éthique et non discriminatoire

L’OIT appelle les entreprises à anticiper et corriger, dès la conception de leurs systèmes d’IA, les biais susceptibles d’engendrer des discriminations à l’encontre des personnes handicapées. « Étant donné le taux élevé de chômage parmi les personnes handicapées, il est probable que les ensembles de données utilisés pour former ces systèmes sous-représentent cette population, renforçant ainsi les biais à leur encontre », alerte-t-elle.

Les risques sont bien réels : selon une étude récente, des filtres de CV alimentés par l’IA ont systématiquement relégué au second plan les candidatures mentionnant des distinctions liées au handicap, par rapport à des CV similaires n’incluant pas ces informations. D’autres outils, notamment ceux reposant sur l’analyse vidéo des signaux non verbaux (contact visuel, cadence vocale), peuvent aussi pénaliser des candidats atteints de paralysie faciale, de perte auditive ou de neurodivergence, en interprétant certains de leurs comportements comme des signes de désengagement ou d’incapacité.

Pour prévenir de telles dérives, l’OIT préconise d’impliquer activement des personnes présentant divers handicaps, leurs organisations représentatives et des experts en accessibilité tout au long du cycle de conception, de développement et de test. Une démarche participative indispensable pour « garantir que les outils soient intrinsèquement impartiaux, accessibles et qu’ils évaluent correctement le potentiel des candidats ».

Garantir une gouvernance humaine et responsable

Si la conception d’une IA inclusive constitue un prérequis essentiel, elle ne suffit pas. C’est pourquoi l’OIT rappelle aux employeurs l’importance d’assurer une supervision et un contrôle humain rigoureux de toutes les décisions liées à l’emploi générées par l’IA, y compris celles qui concernent les personnes handicapées. « L’IA doit compléter, et non remplacer, la prise de décision humaine », insiste-t-elle.

Cette exigence de gouvernance suppose la mise en place de mécanismes internes de responsabilité, permettant d’évaluer les performances des systèmes d’IA et d’identifier tout résultat discriminatoire éventuel.

Favoriser une culture d’entreprise inclusive de l’IA

L’OIT invite par ailleurs les entreprises à inscrire les considérations éthiques relatives à l’IA dans leur stratégie globale d’inclusion du handicap. Il ne s’agit pas seulement de recourir à des outils plus justes, mais de transformer en profondeur les pratiques managériales et les représentations autour du handicap en milieu professionnel.

Cela implique, en premier lieu, de former les professionnels des ressources humaines et des gestionnaires à l’usage responsable de l’IA, en les sensibilisant aux risques de biais et aux enjeux d’accessibilité. En parallèle, l’organisation souligne l’importance de promouvoir la littératie numérique des personnes handicapées, afin qu’elles puissent exploiter pleinement le potentiel des outils technologiques à leur disposition et contribuer activement à leur développement.

Renforcer les lois et politiques publiques liées à l’IA

Les préconisations de l’OIT ne se limitent pas au seul cadre de l’entreprise. Elles s’adressent aussi aux pouvoirs publics, appelés à encadrer juridiquement l’utilisation de l’IA dans le monde du travail. L’organisation plaide ainsi pour que les législations nationales et internationales intègrent les enjeux d’accessibilité et d’inclusion à l’égard des personnes handicapées dans les normes régissant l’IA.

Le règlement européen sur l’IA (AI Act) va déjà dans ce sens, en imposant des normes d’accessibilité pour les systèmes considérés « à haut risque » et en reconnaissant les risques de discrimination envers les personnes handicapées. Mais ce cadre demeure insuffisant. « Dans le domaine de l’évaluation des performances, les systèmes de suivi alimentés par l’IA peuvent imposer des horaires rigides, désavantageant les travailleurs nécessitant de la flexibilité ou des aménagements, notamment en raison de leur handicap », avertit l’OIT. 

OIT, « Les deux faces de l’IA : une nouvelle frontière pour l’emploi des personnes handicapées », 6 octobre 2025

Liaisons sociales 29 octobre 2025

FO s’insurge contre le retrait de la subvention de l’Île-de-France aux Fonds de  compensation du handicap
FO « s’insurge de la décision de la région Île-de-France, de retirer la subvention accordée aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) », a-t-elle fait savoir dans un communiqué de presse du 27 octobre, précisant que « cette subvention, d’un montant de
deux millions d’euros par an, contribue à l’alimentation des Fonds de compensation du handicap (FCH) dans le cadre de la mobilité des personnes handicapées ». Selon FO, « la région justifie cette suppression en soulignant que ces financements relèvent de la compétence des départements et non de la région », et « que la prise en charge par l’Assurance maladie du remboursement à 100 % des fauteuils roulants à compter du 1er décembre 2025, ne nécessite plus son versement ». FO rappelle toutefois que les FCH « ne se limitent pas aux seuls restes à charge des fauteuils roulants mais également à ceux liés à l’aménagement du véhicule, au surcoût des frais de transport… par exemple ». Cette décision ne va donc « pas dans le sens des mobilités domicile-travail », et « rien ne garantit que cet argent soit réinvesti pour une meilleure accessibilité aux transports, qui est du ressort, pourtant, de la région ». FO revendique ainsi « la création d’une aide spécifique au déplacement domicile-travail pour les salariés handicapés », ainsi que « le maintien de ce soutien financier indispensable à la mobilité et l’autonomie des personnes handicapées ».

Dernière mise à jour : 30 octobre 2025