AAH, ASI et ménages aux revenus modestes

09/02/2026

Catégorie(s) : : Actualité générale

Minima sociaux et prestations de solidarité - Ménages aux revenus modestes et redistribution - Édition 2025

La Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) a publié le 4 décembre 2025 son panorama annuel sur les « Minima sociaux et prestations de solidarité - Ménages aux revenus modestes et redistribution - Édition 2025 ».

Autour de 35 fiches, la DREES analyse notamment les prestations en faveur des ménages les plus modestes. Ces dispositifs sociaux représentent 37 % du revenu disponible des ménages pauvres (14 % de minima sociaux, 10 % d’aides au logement, 10 % de prestations familiales et 3 % de prime d’activité). Ils augmentent en moyenne le niveau de vie des personnes pauvres de 363 euros par mois, sans toutefois leur permettre de franchir le seuil de pauvreté. Concernant le handicap, la DREES s’attarde sur l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et sur l’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI).

AAH

L’Allocation aux Adultes Handicapés est destinée à des personnes en situation de handicap âgées de 20 et plus (ou 16 ans si la personne n’est pas à la charge de ses parents) sous conditions de ressources. Elle est attribuée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH). Elle est accordée à toute personne ayant un taux d’incapacité d’au moins 80 % (possibilité à partir de 50 % si la personne a une Restriction Substantielle et Durable d’Accès à l’Emploi - RSDAE).

Au 1er avril 2025, le plafond des ressources mensuelles de l’AAH est de 1033,32 € pour une personne sans enfant. Si l’allocataire a un ou des enfants, ce plafond et de 516,66 € (la moitié de 1033,32 €) par enfant à charge.

La DREES met en évidence :

  • fin 2024, 1,4 million de personnes bénéficient de cette allocation,
  • il s’agit du deuxième minima social en nombre d’allocataires après le Revenu de Solidarité Active (RSA) et ses effectifs ne cessent d’augmenter depuis sa création en 1975,
  • près de trois allocataires sur quatre sont des personnes seules et sans enfant,
  • 71 % des bénéficiaires de l’AAH sont âgés de 40 ans ou plus et 50 % ont plus de 50 ans,
  • 49 % des allocataires ont un taux d’incapacité de 80 % ou plus, fin 2023,
  • 11 % des allocataires sont inscris à France Travail,
  • 2023 est la première année où le nombre des allocataires de l’AAH 2 (taux d’incapacité entre 50 et 79 %) dépasse le nombre d’allocataire de l’AAH 1 (taux d’incapacité de 80 % et plus),
  • 12 % des allocataires de l’AAH fin 2023 n’était pas un allocataire en 2022,
  • 60 % des bénéficiaires de l’AAH la perçoivent à taux plein (59 % pour les allocataires de l’AAH1 et 62 % pour les allocataires de l’AAH2),
  • 26 % des allocataires de l’AAH1 perçoivent la majoration pour vie autonome et 7 % le complément de ressources,
  • le nombre d’allocataires n’a cessé de progresser même si sa croissance en 2024 (+3,3 %) est moindre qu’en 2023 (+4,5 %). Cette croissance moindre peut être expliquée par la fin de l’effet de la déconjugalisation : 22 300 personnes supplémentaires. Pour rappel, depuis le 1er octobre 2023, l’AAH est déconjugalisée c’est à dire que pour les personnes en couple, les revenus de leur conjoint ne sont plus pris en compte et le plafond des ressources est le même que pour une personne seule,
  • la part d’allocataires est plus importante dans les départements ruraux ou semi-ruraux.

Pour FO, il faut porter le montant de l’AAH a minima au seuil de pauvreté voire à hauteur du SMIC.

L’ASI

Pour rappel, l’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI) s’adresse aux personnes invalides soumises à une réduction d’au moins deux tiers de leur capacité de travail ou de gain, sous condition de ressources et percevant notamment l’un des dispositifs suivants : pension d’invalidité, pension de réversion, pension d’invalidité de veuf ou de veuve... Cette allocation est versée jusqu’à l’âge légal de départ en retraite pour inaptitude. Elle est financée par la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ou la Mutualité Sociale Agricole.

Au 1er avril 2025, le plafond mensuel de ressources pour bénéficier de la prestation est de 914,85 € pour une personne seule et de 1601 € pour un couple. Pour une personne seule, le montant de l’allocation est de 335,29 € au minimum et de 579,56 € au maximum au 1er avril 2025. Pour un allocataire en couple (dont le conjoint n’est pas un bénéficiaire de l’ASI), le montant est de 579,56 € si les ressources du couple sont inférieures à 1 021,44 €. Au-delà, le montant est égal à la différence entre le plafond des ressources et le montant des ressources initiales.

La DREES met en évidence :

  • en 2024, le nombre d’allocataires a augmenté de 1,3 % pour atteindre 66 900 bénéficiaires après une baisse en 2023,
  • 92 % des bénéficiaires de l’ASI ont plus de 40 ans,
  • avec le recul de l’âge de départ à la retraite pour inaptitude entre 2011 et 2017, la part des allocataires âgés de 60 ans et plus a augmenté (15 % fin 2023 contre 7 % en 2010),
  • 52 % des allocataires sont des femmes,
  • 18 % des allocataires de l’ASI sont des personnes invalides capables d’exercer une activité professionnelle (catégorie d’invalidité 1)
  • les actifs (25 – 64 ans) allocataires de l’ASI sont davantage présents sur le pourtour méditerranéen et le Massif central.

Concernant l’invalidité, FO revendique :

  • L’amélioration du mode de calcul du montant et de la revalorisation de la pension d’invalidité.
  • La révision des modalités de cumul entre la pension d’invalidité et le revenu d’activité à temps partiel.

Dernière mise à jour : 23 février 2026