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Conférence de Presse Agefiph 6 octobre 2016

Handicap :les finances de l’Agefiph "ne permettent plus de subir de telles ponctions" de l’État (Anne Baltazar)

Fotolia"Nous souhaitons et espérons que 2017 soit la dernière année de ponction" par l’État du budget de l’Agefiph, explique Anne Baltazar (Force ouvrière), présidente de l’association. "Nos finances ne nous permettent plus de subir de telles ponctions", ajoute-t-elle. Depuis 2015 et jusqu’en 2017, l’association doit verser à l’État une contribution annuelle de 29 millions d’euros afin de financer une partie des emplois aidés à destination des personnes reconnues travailleurs handicapés. Anne Baltazar présente, par ailleurs, les orientations stratégiques 2016-2018 pour favoriser l’emploi et faciliter le parcours des travailleurs handicapés. À noter : sur les six premiers mois de 2016, les contrats de formation en alternance pour les personnes en situation de handicap sont en baisse : -12 % pour l’apprentissage et -3 % pour le contrat de professionnalisation.

"La trajectoire financière de l’Agefiph subit un effet ciseaux" : les recettes diminuent tandis que les besoins de financement augmentent, indique Anne Baltazar, présidente de l’Agefiph, le 6 octobre 2016, lors d’une conférence de présentation des actualités de l’association. Le Fonds est alimenté par les contributions versées par les entreprises lorsqu’elles ne remplissent pas, en totalité ou en partie, leur obligation d’emploi des travailleurs handicapés (6 % des effectifs dans les entreprises de 20 salariés et plus). "Il y a une palette de solutions possibles" pour faire évoluer le modèle économique, explique la présidente.

En revanche, le "modèle de gouvernance doit être préservé et défendu". Le conseil d’administration de l’Agefiph est composé de représentants des partenaires sociaux, des personnes handicapées et de personnalités qualifiées représentant les associations de soutien aux personnes handicapées.

"Le conseil d’administration a décidé de revisiter ses fondamentaux pour que la mandature reparte sur de nouvelles actions", explique la présidente. "Ce que je veux c’est améliorer encore le service rendu aux personnes handicapées et aux entreprises", ajoute-t-elle, rappelant que le niveau élevé du chômage des personnes en situation de handicap est préoccupant. Le conseil d’administration a ainsi adopté, fin juin 2016, "un nouveau positionnement" pour 2016-2018.

Sensibiliser les partenaires sociaux

La première ambition est de "permettre des parcours professionnels sécurisés", via une offre d’intervention rénovée et "en appui des dispositifs de droit commun". Selon l’association, les conditions actuelles d’éligibilité selon le statut de la personne génèrent des ruptures dans le parcours tandis que la forte technicité de l’offre d’intervention rend difficile sa maîtrise par les opérateurs. L’objectif est aussi de réduire les délais d’accès à l’offre.

L’Agefiph souhaite aussi "renforcer et mieux cibler la mobilisation du monde économique et social". "Nous voulons sensibiliser les partenaires sociaux, les motiver pour améliorer le nombre des accords handicap et leur qualité", explique la présidente. Il s’agit également de développer une approche répondant aux besoins de secteurs professionnels ou de territoires identifiés. L’accent est aussi mis sur les TPE-PME tandis qu’aujourd’hui l’offre est plutôt mobilisée par des grandes entreprises.

Renforcer l’accès à la formation

Troisième ambition : "renforcer l’accès des personnes handicapées à la formation de droit commun". "La formation représente environ un tiers du budget de l’Agefiph. Et on sait que les personnes handicapées ont un niveau de qualification inférieur" à la moyenne de la population, poursuit la présidente. La priorité est de "mieux agir sur le droit commun", insite-t-elle.

"Actuellement, nous faisons beaucoup d’achats d’heures de formation. L’idée est d’acheter moins d’heures mais plutôt d’aider à mieux ouvrir aux personnes handicapées les actions de formation", explique Hugues Defoy, directeur métier de l’Agefiph. "L’objectif est, à terme, de dynamiser le droit commun pour qu’il soit en capacité d’accueillir plus de personnes mais pas forcément en fléchant de l’achat de places." Cela permet, par exemple, de financer des actions remises à niveau pour que les personnes puissent ensuite entrer en formation ou de renforcer l’ingénierie pédagogique.

Hugues Defoy ajoute que l’Agefiph est interpellée par les régions au sujet de la rémunération en formation même si "ce n’est pas à la main" de l’association. En effet, "les bénéficiaires d’une RQTH bénéficient d’une rémunération plus favorable, ce qui coûte donc plus cher aux régions. Cela peut aller jusqu’à trois fois le montant", indique Hugues Defoy.

L’association compte également "agir sur le système d’acteurs de l’emploi, de la formation, de l’orientation et du travail". "Au niveau politique, l’Agefiph n’est pas toujours audible" et au niveau technique "l’action de l’Agefiph, du fait d’une offre intermédiée, repose sur un réseau d’acteurs qui, aujourd’hui, ne maîtrisent pas l’entièreté de l’offre". Au final, l’objectif est de parvenir à une Agefiph "repositionnée, plus lisible et visible".

Baisse de 12 % des entrées en apprentissage

Lors de la conférence de presse, a également été présenté le bilan du premier semestre 2016. Fin juin, 479 069 demandeurs d’emploi étaient bénéficiaires de l’obligation d’emploi, soit une augmentation de 2,3 % par rapport à 2015 (contre 0,9 % de hausse pour l’ensemble du public). L’Agefiph appelle néanmoins à la vigilance dans l’interprétation de ces chiffres, en raison de "l’irrégularité des remontées d’information par les MDPH sur les reconnaissances de la qualité de travailleur handicapé".

Semestre difficile également pour l’alternance : Les entrées en apprentissage aidées par l’Agefiph (583) chutent de 12 % par rapport à 2015. Les entrées en contrat de professionnalisation baissent également (1 334 au premier semestre 2016) mais dans une moindre mesure (-3 %).

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Les chiffres sont plus encourageants pour les placements Cap emploi. Ils augmentent de 11 %, avec 34 457 placements.

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Le nombre de maintiens Sameth est lui aussi en croissance (+6 %), tout comme la création d’activité.

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